Date dépassée : si l’étiquette dit « de préférence avant », ne jetez pas ce produit trop vite
Deux mentions de date figurent sur les aliments, et une seule signale un danger. Passé « à consommer jusqu'au », on jette. Passé « à consommer de préférence avant », le produit perd surtout en goût ou en vitamines, sans risque pour la santé.
Devant le frigo, le geste est souvent le même : la date est passée, le pot part à la poubelle. Mais toutes les dates ne se valent pas. La réglementation en distingue deux, et elles ne disent pas du tout la même chose.
Savoir les lire évite de gaspiller des produits encore bons. Et cela évite surtout l'erreur inverse, celle qui peut rendre malade. Voici comment faire le tri, ce que le commerçant a le droit de vous vendre et ce qu'il risque s'il triche.
« À consommer jusqu'au » : la date dépassée qu'il ne faut jamais franchir
Cette mention correspond à la date limite de consommation, la DLC. Une fois passée, manger le produit devient dangereux. Elle figure sur les aliments emballés qui se gâtent vite : yaourts, charcuterie, viande déjà découpée, plats cuisinés vendus au rayon frais. Le jour et le mois sont toujours précisés, parfois l'année.
C'est en général le fabricant qui la fixe. Encore faut-il respecter les conditions de conservation écrites sur l'emballage. Si la chaîne du froid est rompue, l'aliment peut devenir dangereux avant même l'échéance. La DLC ne protège que si le froid a été tenu.
« De préférence avant » : une date dépassée qui touche au goût, pas à la santé
Cette seconde mention désigne la date de durabilité minimale, la DDM. Elle est indicative. Après elle, le produit peut avoir moins de saveur ou moins de vitamines, mais il ne présente pas de danger. Elle concerne les produits secs, déshydratés ou stérilisés : café, gâteaux secs, jus de fruits, lait, conserves.
Selon la durée de conservation, le fabricant indique le jour et le mois, le mois et l'année, ou l'année seule. Vous lirez alors « avant le » suivi d'un jour, ou « avant fin » dans les autres cas. Certains emballages ajoutent une phrase précisant que le produit peut être consommé après cette date.
Et les aliments sans aucune date ? Pour certains, la DDM n'est pas obligatoire : fruits et légumes frais, vin, vinaigre, sel, sucre en morceaux ou chewing-gum. L'absence de date n'a donc rien d'anormal sur ces produits.
Une troisième date peut figurer sur l'emballage : la date de congélation. Elle n'est ni une DLC ni une DDM. Elle indique seulement quand l'aliment a été congelé, ou la première fois s'il l'a été plusieurs fois.
Ce qu'un magasin a le droit de vendre quand la DLC est dépassée
La réponse est courte : rien. Dès le lendemain de la DLC, un produit ne peut plus être proposé à la vente, car il peut être altéré ou dangereux. Un vendeur qui le laisse en rayon par négligence risque une amende de 1 500 € pour chaque produit périmé mis en vente.
Les sanctions changent d'échelle quand il y a volonté de tromper. Recoller une étiquette avec une date plus tardive sur un produit périmé, une pratique appelée la remballe, constitue un délit de tromperie. Le responsable, commerçant ou chef de rayon, encourt jusqu'à 7 ans de prison et 750 000 € d'amende.
Le magasin lui-même peut être poursuivi si ses salariés ont agi en son nom, par exemple sur consigne de la direction pour limiter les pertes. L'entreprise risque alors jusqu'à 3 750 000 € d'amende, la fermeture de l'établissement ou l'interdiction de l'activité concernée, à titre définitif ou pour 5 ans.
Que faire si vous trouvez en rayon un produit dont la DLC est dépassée ?
Vous pouvez le signaler à la direction départementale de la protection des populations (DDPP) de votre département, c'est elle qu'il faut alerter en cas de litige. Ce signalement vise la DLC. Un produit dont seule la DDM est passée n'est pas dangereux pour la santé, comme vu plus haut.
Et si c'est le fabricant qui s'est trompé en imprimant la DLC sur l'étiquette ? Il est alors obligé de rappeler ses produits et de les déclarer sur RappelConso.
Sources : Service-Public.
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